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Découvrez le chemin

La Cornish Celtic Way suit d’anciens chemins à travers la Cornouailles, façonnés par les saints d’autrefois, les agriculteurs et les marchands des siècles passés, les îles soumises aux marées, les sentiers côtiers et les vallées paisibles de l’intérieur des terres. Églises et chapelles, puits sacrés et chemins oubliés, nature préservée et côtes sauvages: tous révèlent une part du patrimoine spirituel, culturel et naturel de la Cornouailles.

Cet itinéraire invite à ralentir, à prêter attention au paysage et à voyager avec intention. Vous marchez dans les pas des saints celtiques et des pèlerins qui ont partagé des idées et transmis des traditions dont l’écho demeure encore aujourd’hui.

Que vous parcouriez une étape ou l’itinéraire entier, la Cornish Celtic Way encourage la réflexion, la curiosité et un sentiment de lien avec celles et ceux qui ont voyagé bien avant nous. Avant tout, c’est une invitation: marcher, s’émerveiller et découvrir la Cornouailles autrement.

La liberté des anciens chemins

Le Royaume-Uni possède l'un des plus riches réseaux de chemins historiques d'Europe. Nombre de ces sentiers suivent des tracés empruntés depuis des siècles par des pèlerins, des marchands, des bergers et des voyageurs.

Ce qui rend la Grande-Bretagne si particulière n'est pas seulement l'ancienneté de ces voies, mais surtout le fait qu'un grand nombre d'entre elles sont protégées par la loi en tant que public rights of way. Grâce à ce statut, des milliers de kilomètres de chemins historiques sont restés accessibles aux promeneurs. Dans de nombreux autres pays européens, en revanche, d'anciens sentiers ont disparu ou ont été interrompus par la privatisation, l'intensification de l'agriculture ou les travaux d'infrastructure.

Pourquoi ces chemins ont survécu

Le système des 'public rights of way' cest l'une des principales raisons pour lesquelles tant de chemins historiques existent encore aujourd'hui et peuvent toujours être empruntés. Mais qu'est-ce que cela signifie exactement? Un public right of way ou bien le droit de passage public, est un droit légalement protégé qui autorise le public à emprunter un chemin déterminé, même lorsqu'il traverse des propriétés privées, des pâturages ou des terres agricoles. Le propriétaire conserve la possession du terrain, mais il ne peut en interdire l'accès.

Souvent, ce droit remonte à un usage très ancien. Lorsque des villageois, des pèlerins, des bergers ou des marchands empruntaient un chemin pendant des générations, celui-ci pouvait acquérir le statut de voie publique reconnue. C'est ainsi qu'est né, à partir de la common law, un réseau de chemins qui existait bien avant l'apparition des infrastructures modernes. Il reliait les villages et les hameaux, les églises et les marchés, les ports et les lieux de pèlerinage.

Lorsque de vastes étendues de terres communes furent clôturées aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles à la suite des Enclosure Acts, de nombreux chemins anciens disparurent. Grâce aux protestations locales et aux lois adoptées par la suite, une grande partie de ce patrimoine fut toutefois préservée. On trouve encore aujourd'hui des Public Bridleways, accessibles aux marcheurs, aux cavaliers et aux cyclistes, ainsi que des Public Footpaths, réservés aux piétons.

En parcourant la Cornish Celtic Way, j'ai profité avec gratitude de ces sentiers paisibles et magnifiques.

Les rituels silencieux de la marche

Le droit de passage public offre une grande liberté, mais il exige également de la vigilance et du respect. Les marcheurs sont invités à suivre les itinéraires balisés, à respecter la nature de chaque chemin et à tenir leurs chiens en laisse, en particulier à proximité du bétail. Les barrières et les échaliers doivent être refermés après le passage, les cultures et les terres agricoles doivent être préservées, et chacun emporte avec lui tout ce qu'il a apporté.

Pourtant, ces gestes simples représentent bien davantage qu'une simple responsabilité pratique. Pour de nombreux marcheurs, pèlerins ou non, ils deviennent de petits rituels silencieux. Ouvrir et refermer une barrière, franchir un échalier parfois très élevé, pénétrer dans un champ ou le quitter : autant de gestes qui marquent une transition entre un lieu et le suivant. Pas après pas, ces actions modestes rendent possible un long voyage. Un itinéraire qui semble trop vaste pour être embrassé dans son ensemble devient plus accessible grâce à la succession de petites étapes, chacune avec ses limites, ses rencontres et ses découvertes.